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09/06/2017

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Je m'appelle Maria, je travaille sur une thèse qui se rapporte à la dystopie environnementale et je suis publiée chez Anyway ainsi que Rebelle. J'aime écrire, dessiner, pratiquer le théâtre. Actuellement je m'exerce à adapter mes projets en BD à l'aquarelle. J'ai décidé de mettre en ligne mes ½uvres en cours pour recevoir des critiques constructives et m'améliorer. Ensuite, je retirerai mes textes et les proposerai à des éditeurs.
 

 
 
Une enfant abandonnée par sa mère, une jeune femme amnésique recueillie par une bienfaitrice qui a elle-même grandi dans l'ignorance de ses origines. Trois victimes de la vie. Qui se transformera en héroïne et qui s'imposera comme bourreau ?









Design by Sue

11/06/2017


 
 
 
 
 
La neige nappait le sol, crémeuse et abondante sous la pleine lune. Elle assiégeait une chaumière dont la cheminée embrasée diffusait de la lumière. Malgré cette jaune clarté, le c½ur de ses résidents portait un sombre malheur. Une femme au chignon blond en partie défait courbait sa maigre carrure sur le bord du lit bordeaux. Une main ridée s'appuya sur son bras, elle réveilla son visage fermé. Par-dessus ses cernes creux, le regard délavé dériva, de biais, vers celui de sa mère.
 
—   Nous devions l'accomplir.
 
Les poings de la trentenaire, vieillie de dix ans, se rigidifièrent.
 
—   Ne dis pas cela. Une autre solution existait, j'en éprouve la certitude. Je ne peux pas avoir bien agi en abandonnant mon enfant.
—   Iselda...
—   Non.
 
L'opposition avait sonné comme un couperet douloureux.
 
—   Mes remords arrivent juste trop tard.
 
De sa parente, elle n'entendrait plus la moindre parole de raison ou de réconfort. La perte creusait un rond noir et béant entre ses côtés. Elle se trouvait trop lâche pour endurer la mort. Tant pis, elle vivrait. Elle paierait son acte en alignant, arquée, un pied devant l'autre sur le long chemin de la vie. Étroit, gris et froid, il constituait le dénouement de la pire des familles. S'y résigner demeurait son unique possibilité. Ce qu'elle avait réussi de meilleur, elle l'avait misérablement jeté aux orties. Les ronces se mariaient désormais aux feuilles acérées qui griffaient et emprisonnaient l'innocence dans la cruauté.